VIH/Sida : Plus de 30 ans depuis sa découverte, la stigmatisation et la discrimination liées au VIH encore vives et bien ancrées dans le mental des populations.

Le monde a célébré le 1er décembre 2021, la 33e journée de lutte contre le VIH/sida (lancée pour la première fois en 1988). Une journée organisée sous le thème : « Mettre fin aux inégalités, mettre fin au sida, mettre fin aux pandémies ».  Un idéal auquel aspirent surtout les pays du sud.  Ce qu’on devrait retenir est que ce thème proposé par l’ONUSIDA est parti des évidences d’inégalités constatées dont sont encore victimes plusieurs personnes vivant avec le VIH dans le monde.  Pour le Dr Faustin Kitetele, chef de service des maladies infectieuses à l’Hôpital Pédiatrique de Kalembe Lembe (situé dans la ville de Kinshasa), ces inégalités sont de plusieurs ordres dont les décalages entre le milieu rural et urbain, des problèmes liés au Genre, de stigmatisation et de discrimination etc.

Dr Faustin Kitetele

Pour atteindre cet idéal c’est-à-dire mettre fin aux inégalités, mettre fin au sida et mettre fin aux pandémies, Dr Kitetele pense qu’il est urgent de bien analyser les problèmes et de proposer des solutions. Et pour ce cas, l’une des solutions est de permettre à tout citoyen d’avoir le droit de se faire dépister, de bénéficier du traitement, d’avoir droit au respect.

Le dépistage du VIH et le traitement anti rétroviral sont gratuits. Et pourtant, de nos jours bien de gens refusent par peur de se faire dépister, cachent leur statut à leurs proches (membres de familles et amis) et vivent ainsi dans la clandestinité voire refusent de suivre correctement le traitement. La raison est que la stigmatisation et la discrimination dont elles sont victimes sont encore vives et bien ancrées dans le mental des populations et même dans le chef de certains membres du personnel médical. Cette attitude négative vis-à-vis des personnes infectées par le VIH finit par les amener, elles-mêmes, (les PVVIH) à se stigmatiser. Elles se jugent mal, n’acceptent pas leur situation ni ne s’acceptent. Et pourtant, et pourtant, plus de 30 ans après, les attitudes et les mentalités tant des personnes malades (personnes infectées) que les autres (personnes affectées) devraient changer positivement.

D’où viendrait le problème ? Dr Kitetele l’attribue aux médias depuis la découverte du VIH/sida à nos jours. Pour lui, ce sont les médias lors de leurs propagandes médiatiques qui ont construit toutes ces images négatives autour du VIH.  Il demeure convaincu que ce sont les gros titres des journaux lors de la découverte du VIH ainsi que la publication des études menées par les scientifiques dans les milieux où le virus a été le plus présent (chez les homosexuels, les professionnels de sexe, les utilisateurs de drogues injectables) qui ont « traumatisé » les populations. Face à cette perception, 30 ans après, le VIH continue d’être considéré comme une maladie des marginalisés, des déviants. En RDC, on parle même du VIH comme un cas de mauvais sort, de sorcellerie.  Les médias n’ont pas encore pris le temps de déconstruire toutes les perceptions négatives autour du VIH. Or il serait bon qu’avec toute l’évolution qui permet de nos jours d’appréhender et mieux cerner cette maladie, que les médias remplacent les gros titres d’autrefois par les avancées palpables dans le domaine du VIH/sida. Les médias devraient prendre assez de temps pour aider les populations à comprendre que le VIH/sida est de nos jours considéré non seulement comme une maladie chronique au même titre que le diabète et l’hypertension, mais aussi et surtout comme une maladie que tout le monde peut attraper. Il est bon pour tous de connaitre son statut sérologique, les voies de transmission ainsi que les moyens de prévention.

Le VIH/sida est transmis par : le sperme, le sang, les sécrétions vaginales et le lait maternel. De nos jours, il est connu que le VIH/sida est  aussi un problème lié au Genre dans le monde. Les estimations de l’ONUSIDA sur le nombre des personnes vivant avec le VIH en RDC font état de 510.000 personnes séropositives connues (parce que dépistées). Selon ces estimations, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être contaminées. C’est d’abord l’anatomie de la femme qui la rend plus vulnérable. Il est plus facile pour une femme d’être contaminée au VIH qu’un homme. Pour que la femme soit infectée, le virus a besoin d’une porte d’entrée : l’intérieur de la cavité vaginale qui est une muqueuse. Et une muqueuse a presque toujours des petites plaies. Lors des rapports sexuels non protégés avec un homme séropositif ou d’un cas de viol, il déverse le sperme contaminé pendant l’éjaculation, et la muqueuse reçoit aussi de ce sperme contaminé. Alors que ce n’est pas le cas pour l’homme. Lui n’a pas de muqueuse. Il a de la peau sur son sexe. Et les sécrétions vaginales infectées déversées sur la peau du pénis qui n’est pas de petites plaies ne peuvent pas contaminer. Ensuite, il y a la vulnérabilité sociale dont est la femme est aussi victime.

L’engagement de la lutte contre le VIH/sida ne concerne pas un groupe de personnes, c’est un sujet qui devrait impliquer tout le monde.  Il est symbolisé par le ruban rouge. Il est considéré comme le signe universel de reconnaissance, de soutien et de solidarité envers les personnes vivant avec le VIH.

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