Violences sexuelles : des lignes vertes pour les dénoncer

Les violences sexuelles sont un fléau qui ronge aujourd’hui bien de sociétés dont celle de la RDC. Des grand-mères, en passant par les mères et les fillettes, aucune n’est épargnée par des bourreaux, des hommes.

Ainsi pour aider à dénoncer ces crimes et venir en aide aux victimes des violences sexuelles, une ONG nationale de la RDC, dénommée PSSP (Progrès Santé Sans Prix) a mis sur pied depuis 2019, une ligne verte Violences Sexuelles. Cette ligne verte, la 106, reçoit journalièrement près de 500 appels dont plus d’une dizaine d’appels pour des cas de violences sexuelles concernant les adolescents et jeunes. Tout calcul fait, la ligne verte 106 reçoit chaque mois au moins 300 appels ne concernant que les ados et jeunes. Et ce chiffre (300) constitue les 2/3 des appels reçus par la 106.

Une fois au bout du fil de l’opérateur (trice) de la ligne verte, l’appelant qui a appelé gratuitement la 106 par un numéro Vodacom, Orange ou Airtel se voit poser quelques questions pour savoir où et comment l’orienter.

Aussi bien les appels que la prise en charge médicale et psychosociale, juridique et judiciaire sont gratuits du fait de l’appui de certaines ONG internationales dont CORDAID PSSP.

Les victimes des violences sexuelles sont orientées selon leur zone d’habitation et leurs provinces vers un centre de santé pour une prise en charge médicale gratuite, et aussi vers une clinique juridique les plus proches de la victime pour un appui psychosocial, juridique et judiciaire tout autant gratuit. La prise ne charge médicale consiste en soumettant d’abord la victime au kit PEP (Prophylaxie Post Ex positionnelle) surtout si elle arrive avant les 72h à dater du viol.  Le PEP Kit contient des ARV (à prendre pendant un mois), des antibiotiques (pour empêcher des infections sexuelles), un test de grossesse (bloquer tout risque de grossesse à cause du viol) et la pilule du lendemain.

Dr. Hilaire Mbwolie, Directeur Exécutif de l’ONG PSSP

Selon Dr Hilaire MBWOLIE, le Directeur exécutif de PSSP, les causes des nombreux cas de viol et de violences sexuelles sont les conflits, l’utilisation abusive et incontrôlée des aphrodisiaques par les jeunes ainsi qu’une absence de communication bidirectionnelle sur l’éducation sexuelle. Et comme solutions, Dr Hilaire Mbwolie propose que l’Etat s’implique dans la mise sur pied des mesures sécuritaires, qu’il canalise et contrôle réellement la vente des aphrodisiaques et enfin que les familles, les églises, les écoles et autres structures qui encadrent les ados et jeunes brisent la glace et communiquent sur l’éducation sexuelle.

Dr Hilaire a tenu à préciser que l’orientation des victimes des violences sexuelles vers des centres de santé et cliniques juridiques est rendue possible grâce à une cartographie nationale des centres de santé et des cliniques juridiques qui leur permet de bien orienter les victimes.

Marie-Henriette P. Elonga

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