L’ONG Femina-Asbl a lancé le 28 Mars 2024 dernier la cérémonie de lancement de sa première bande dessinée intitulée « le combat d’Anaïs. Ladite cérémonie s’est déroulée au musée National de Kinshasa. L’ONG Femina-Asbl dans ce projet est en partenariat avec les Ministères de la Santé Publique, l’Enseignement Primaire Secondaire et Technique, et le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Ils ont ensemble célébré le lancement de cette première BD axée sur les Violences Sexuelles et celles Basées sur le Genre.». La bande dessinée retrace l’histoire d’une adolescente de 16 ans, Anaïs. Depuis son enfance, elle a subi diverses formes de violences, surtout psychologiques et sexuelles. Non seulement sa mère la battait et lui proférait des injures blessantes, mais aussi elle a été victime de viol à deux reprises. D’abord par les ses amis et ensuite par des kulunas. En dépit de ce calvaire, elle ne s’est jamais laissé abattre par ces épreuves. Malgré toutes les difficultés rencontrées, elle a tenu à tout prix à poursuivre son objectif : celui de devenir avocate. Après son accouchement du fait du viol, elle a repris le chemin de l’école.

Dans leurs différents mot de circonstance, les orateurs du jour la Directrice adjointe du BCNUDH Madame Anne-Marie Dongui, le Directeur en charge de l’Education à la vie courante et Représentant Madame la Secrétaire Générale de l’EPST, Monsieur Hilaire Yogo, le Dr Didier Lukeme, Représentant du Directeur du Programme National de Santé de l’Adolescent (PNSA), ainsi que l’abbé José Pundu, ont tous donné le mot fort: Non aux Violences Sexuelles et celles Basées sur le Genre( VSBG) ni à l’école ni ailleurs. C’est un fléau qui sévit et prend malheureusement de l’ampleur. Il déroute surtout les filles du chemin de l’école.
Le premier à prendre la parole après le mot de bienvenue de la Présidente du Conseil d’Administration de Femina-Asbl, Monsieur Yogo Hilaire, chaque jour des femmes et des filles sont victimes de VSBG. Le ministère de l’EPST est résolument engagé dans la lutte contre ce fléau. On en veut pour preuve, l’instauration du cours d’Education à la vie courante dans les curricula scolaires. Ce cours a pour mission d’offrir l’opportunité aux enfants de comprendre les différentes transformations par lesquelles passent leurs corps et comment résister aux tentations.

Pour sa part, Madame Anne-Marie Dongui du BCNUDH, les victimes ne sont plus à compter. Le BCNUDH pense que la justice devrait pourvoir assurer les procès et condamner les bourreaux. Malheureusement, les victimes ne seront pas en mesure de dénoncer ces faits. Ils demeurent donc impunis et se vautrent sans gêne dans leur sale besogne. Faire justice ; non seulement aux victimes mais aussi s’occuper des auteurs de ces crimes.
Dr Didier Lukeme du PNSA, dans sa présentation, a saisi l’opportunité de parler des formes de VBG, des facteurs favorisants, des conséquences des VBG et de la conduite à tenir. Une violence basée sur le Genre est toute forme de violences de quelques types qu’elles soient, commises sur une personne ou une communauté dont la cause est fondée sur le sexe, l’âge, l’ethnie, la culture, la religion, etc. Il existe différentes types de VBG : Physiques, psychologique, sexuelle, économiques, culturelles, politiques, etc. Se référant à la loi de la République Démocratique du Congo sur les violences sexuelles, elles sont inventoriées à un peu d’une quinzaine. On peut citer : le harcèlement sexuel, le mariage forcé, l’attentat à la pudeur, la mutilation sexuelle, l’esclavage sexuel, l’excitation des mineurs à la débauche, l’inceste, la prostitution forcée, l’avortement forcé, la zoophilie, la pédophilie, La stérilisation forcée, Le viol et le viol conjugal, Transmission délibérée d’une IST incurable, Trafic et exploitation d’enfants à des fins sexuelles. Les facteurs de risques sont à classifier en 3 catégories : individuels, socioculturels et guerres et conflits armés.
Chacun de nous devrait pouvoir dénoncer ce crime et refuser un quelconque arrangement à l’amiable. Il existe des voies de sortie à ce fléau : bien connaitre les facteurs favorisants et cerner la prévention et la conduite à tenir. Dans sa présentation, il a évoqué les conséquences des VSBG : physiques (blessures, grossesses non désirées, fistules, IST etc.), psychologiques (colère, stigmatisation, frigidité, cauchemar et trouble de mémoire, suicide etc.) et socioéconomiques (pauvreté, sentiment d’insécurité etc). Dénoncer, c’est prévenir : en parler en famille, éviter les facteurs de risque, respect mutuel. Pour ce qui est de la conduite à tenir : se rendre dans un centre de santé, aller à la police porte plainte et lutter contre la stigmatisation des victimes des violences sexuelles. Dans son mot, la Présidente de Femina-Asbl, Marie-Henriette Patricia Elonga, a lancé un appel pour que la bande dessinée soit produite en très grand nombre afin qu’elle atteigne le plus grand nombre d’élèves. Le nombre du premier tirage est vraiment insuffisant.
Dans sa communication, Monsieur l’abbé José Pundu, prêtre et psychologue clinicien s’est appesanti sur la communication bienveillante ou non-violente. La communication bienveillante c’est ce que Marshall Rosenberg, psychologue clinicien américain, initiateur de cette manière de communiquer, appelle la Communication Non-Violente. Marshall Rosenberg a mis au point cette technique de communication pour réagir contre la violence qui marque nos relations humaines et notre façon habituelle de communiquer. Donner avec bienveillance est autant au bénéfice de celui qui donne que de celui qui reçoit. En effet, celui qui reçoit n’a pas à redouter les conséquences d’un don qui ne pas viendrait pas du cœur; quant à celui qui donne, son estime de lui -même et sa joie de vivre croissent. En communication bienveillante, une demande ne doit pas être une exigence. En d’autres termes, une demande ne doit pas être assortie d’une menace de représailles vis-à-vis de la personne à qui elle est adressée au cas où elle ne répond pas positivement. En communication bienveillante, la demande doit être faisable, positive, concrète, présente, active et négociable.

Dans le processus de la communication bienveillante, comme dans toute autre type de communication, nous distinguons deux phases essentielles. Il s’agit de l’écoute et de l’expression. La première phase consiste à écouter avec empathie, avec bienveillance ou avec notre cœur. La communication bienveillante s’apprend. La seconde phase est celle de l’expression honnête et sincère de ce qui se vit en nous dans un langage de vie, en utilisant le langage-je c’est-à-dire en parlant de moi et non sur autrui. La communication bienveillante est un rendez-vous du recevoir et du donner, de l’écoute et de l’expression. Nous sommes tour à tour récepteurs et émetteurs. Les violences sexuelles basées sur le genre sont les manifestations d’un disfonctionnement ou d’une altération de nos relations humaines qui comportent un aspect affectif important.
Dans la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre, il faudra donc accorder une grande place importante à l’éducation à la paix et à la non-violence par l’apprentissage de la communication bienveillante, non-violente. Cette éducation commence dès le bas-âge en famille et se poursuit à l’école depuis la maternelle jusqu’à l’université. A travers cette éducation, on apprend à l’être humain à changer son regard sur lui-même et sur autrui, passer d’un regard chosifiant à un regard humanisant.

Après ce lancement de la bande dessinée, des séances de sensibilisation sur les VSBG seront organisées dans certaines écoles de la ville de Kinshasa et la bande dessinée sera mise à la disposition des élèves.






Une réponse
Très bonne initiative. J’espère que cette sensibilisation arrivera également à atteindre tous les bouts de la RDC. je soutiens fortement cette initiative afin que les violences sexuelles ainsi que celles basées sur le genre s’arrêtent.