La transition ou le passage de l’enfance à l’adolescence est une période qui nécessite un bon encadrement. Le corps du petit garçon et de la petite fille subissent des transformations qui devraient leur être expliquées. L’adolescence peut-être/ est une période de profonds changements physique et psychosocial et d’expérimentation comportementale. Du fait de rapides mutations sociales, de nombreux adolescents se trouvent en face d’une grande variété de comportements.
| Chez la fille | Chez le garçon |
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| Changements physiques | Changements physiques |
| – Mue de la voix (voix fine) ; – Augmentation de la taille ; – Apparition des poils (pubis et aisselles) ; – Elargissement du bassin ; – Accentuation de la cambrure lombaire ; – Développement des seins ; – Apparition des premières règles ; – Développement des organes génitaux. | – Mue de la voix (voix grave) ; – Augmentation de la taille ; – Apparition des poils (pubis, aisselles, menton) ; – Elargissement des épaules ; – Augmentation de la masse musculaire ; – Phénomène des pollutions nocturnes ; – Développement des organes génitaux. |
| Changements psychologiques | Changements psychologiques |
| – Attirance vers le sexe opposé ; – Perte des relations de dépendance envers les parents ; – Recherche d’une nouvelle identité ; – Besoin d’affirmation de soi ; – Devient outrancière ; – Curiosité sur tout ce qui a trait à la sexualité. Coquetterie. | – Attirance vers le sexe opposé ; – Perte des relations de dépendance envers les parents ; – Recherche d’une nouvelle identité ; – Comportement batailleur ; – Curiosité ; – Il adopte l’allure d’un homme par le port du pantalon ; – Besoin d’affirmation de soi. |
| Changement socioculturels | Changement socioculturels |
| – Recherche d’identification en groupe ; – Lutte pour l’émancipation économique ; – Développement d’identité sociale et sexuelle. | – Recherche d’identification en groupe ; – Lutte pour l’émancipation économique ; – Développement d’identité sociale et sexuelle. |
Et en RDC, comme dans bien d’autres pays, les autorités ont compris qu’on ne devrait plus négliger / mettre de côté cette catégorie de la population (10 à 24 ans) du fait de leur grand nombre et de la ressource non négligeable qu’elle constitue. Selon une étude publiée par Wikipédia, 60% de la population de la RDC est jeune, elle a moins de 20 ans.
Les vrais problèmes de santé sexuelle et reproductive ont été retrouvés dans cette catégorie : chez les ados et jeunes. La RDC ainsi mise au pas, a su mettre en place tout un Programme rien que pour les adolescents et jeunes : le Programme National de la Santé de l’Adolescence, PNSA en sigle. Ce programme a pour objectifs d’assurer la promotion de santé des adolescents et jeunes par la prise en charge de leur problèmes de santé et de développement, amener les adolescents et jeunes à avoir accès aux services de santé adaptés à leurs besoins, et leur permettre de disposer des informations complètes en matière de santé sexuelle et reproductive.

Avec tout ce qu’il y a eu comme enjeu politique depuis près d’une quinzaine d’années, il a été constaté que l’avenir ce sont les adolescents et jeunes. Et contrairement à ce que bien de gens pensent, les adolescents et jeunes font face à beaucoup de problèmes. Ils sont le plus exposés aux problèmes de santé sexuelle et reproductive. Pour mieux comprendre ce que cette frange de la population vit, nous avons contacté Dr Didier Lukeme du PNSA. Il nous a informés que selon une étude EDS « environ 22% des adolescents et jeunes ont déjà eu des rapports sexuels non protégés avant l’âge de 15 ans ». Immatures et fragiles à cet âge, ils ne sont pas en mesure de se préoccuper de tous les risques que de tels actes peuvent comporter. L’âge de la maturité est 20 ans, quand l’adolescence prend fin. Et pendant l’adolescence, le corps continue de subir des changements physiques, psychologiques et socio culturels. Dr Lukeme a tenu à rappeler que les rapports sexuels précoces et non protégés exposent les adolescents et jeunes à plusieurs sérieux problèmes :
Premièrement les grossesses non désirées qui, pour la plupart des cas, poussent aux avortements clandestins. Les adolescents et jeunes, renchérit-il, sont les plus grandes victimes des avortements clandestins. Les lois de la RDC interdisent l’avortement dans tout son ensemble, sauf pour les cas de viol, en cas du danger de la santé de la mère ou encore en cas d’inceste. Cette interdiction d’avortement fait ainsi le bonheur des charlatans qui s’adonnent à cœur joie à cette pratique dont les adolescents et jeunes ne mesurent pas le danger pour leurs vies. Malheureusement, tous ces avortements opérés dans le noir contribuent à hausser le taux de mortalité maternelle issus des adolescentes et jeunes dans notre pays, la RDC.
Deuxièmement l’infection à VIH. En RDC, le taux de prévalence de l’infection à VIH est estimée dans la population générale à 1,2%, et Dr Lukeme révèle que la proportion des adolescents et jeunes inféctés au VIH/sida est de 0,7%. Ce qui est plus grave c’est que dans les groupes spécifiques des adolescents et jeunes (professionnels de sexe, utilisateurs des drogues injectables, ceux qui vivent dans la rue, les homosexuels), la tendance de la prévalence varie entre 5 à 7,7%.

Toujours selon le spécialiste du PNSA, de nos jours et partout dans le monde, la tendance de la prévalence de l’infection à VIH dans les autres tranches d’âges est sensiblement en régression sauf chez les adolescents de 15-19 ans où il y a d’ailleurs augmentation des cas de 50 %.
Troisièmement, les infections sexuellement transmissibles( IST) qui surviennent à la suite des rapports sexuels non protégés avec une personne porteuse de cette infection sexuellement transmissible. Et dans la plupart des cas les adolescents s’adonnent facilement au multi partenariat avec le phénomène « chic, chèque, choc ». Ce qui les rend vulnérables !
Quatrièmement, les adolescents et jeunes subissent beaucoup de cas de violences sexuelles et des violences basées sur le genre (Cfr. article sur lutte contre les VSBG : des cliniques juridiques au secours des victimes), y compris les pratiques traditionnelles néfastes (mariage précoce, mariage forcé, sororat/ lévirat, excision etc.)
Comme stratégies mises en place par le PNSA à l’attention de tous ces adolescents et jeunes, Dr Lukeme a cité celles qui sont mises en places tant au niveau de la communauté qu’au niveau des formations sanitaires. L’objectif de ces stratégies est de permettre aux adolescents et jeunes de disposer des informations sur leur sexualité, de les faire bénéficier de la bonne information, et de leur permettre d’avoir accès aux services de santé adaptés à leurs besoins.
Dans la communauté, il y a la pair éducation à deux niveaux : au niveau des adolescents et jeunes et au niveau des parents. D’abord chez les adolescents et jeunes, certains sont formés sur la santé sexuelle et reproductive et vont à leur tour sensibiliser leurs pairs (pairs= ceux qui sont dans la même tranche d’âge). La stratégie de la pair éducation a beaucoup des forces mais aussi quelques faiblesses. Comme force, elle permet aux personnes de la même tranche d’âge de communiquer sans tabou. Ensuite, les parents pairs. Il est question de former un noyau des parents qui vont aussi, à l’instar des adolescents et jeunes, sensibiliser d’autres parents. Cette approche ou stratégie nouvelle et innovante permet aux parents de parler et discuter sans tabou de la sexualité avec leurs enfants. Et ainsi, les enfants même en face de l’information diffuse, sont en mesure de faire une bonne appréciation des actes à poser. Malheureusement, cette approche fait encore figure de parent pauvre mais a produit de très beaux résultats. Et enfin pour finir avec ce qui concerne la communauté, Il y a aussi les mentors : c’est toute personne de 25 ans et plus (religieux, leaders communautaires, les enseignants etc.) formée sur la santé sexuelle et reproductive dans le but de donner la bonne information aux plus jeunes.

Au niveau des formations sanitaires, Dr. Lukeme informe que c’est l’intégration des tous les services adaptés aux besoins des jeunes. Aujourd’hui, il y a des formations sanitaires qui abritent les espaces aménagés pour jeunes. A ce jour, il n’y en a pas encore assez par rapport au grand nombre des jeunes. Ces espaces aménagés pour jeunes sont tenus et gérés par les jeunes. Les jeunes organisent des débats, des vidéos forums, peuvent lire des ouvrages relatifs à leur sexualité. Cette approche a fait ses preuves et est très appréciée par les bénéficiaires. Elle permet aux adolescents et jeunes confrontés aux 4 problèmes énumérés ci-haut (grossesses non désirées, VIH/sida, IST et cas de violences sexuelles et celles basées sur le genre) ou même ceux en quête seulement d’informations de rencontrer leur pairs sans problèmes, de discuter sans tabou. Les adolescents et jeunes y sont aussi accueillis et se font orientés par le personnel non médical vers les prestataires de soins pour une consultation. Et sur ce point, il est bon de souligner qu’il s’agisse du personnel non médical ou des prestataires de soins, ils ont tous été formés aux services adaptés aux besoins des adolescents et jeunes. Ils ne constituent plus un frein aux informations ni aux services adaptés aux besoins des ados et jeunes en ce sens qu’ils ne les jugent plus, ne les chassent ni ne les regardent d’en haut avec mépris.
Toutes ces approches convergent vers le même objectif qui est celui d’apporter la bonne information aux adolescents et jeunes, de leur offrir une bonne communication pour le changement des comportements par les causeries éducatives, les conférences débats, vidéo forum, plaidoyer etc.






Une réponse
Un message intéressant et très capital non seulement pour les adolescents mais également pour certains adultes qui demeurent ignorant de cette mise impérative dans la vie de l’être humain, j’ai cité ici l’adolescent.
J’encourage femina pour tous les efforts consentis en faveurs de la jeunesse et de la lutte contre les violences faites aux femmes et jeunes adolescentes sous toutes ses formes.