VIH/sida : les ailes de papillons, modèle de réseau sexuel et canal de transmission de la pandémie.

« Les ailes de papillons » ne sont rien d’autre que le phénomène « multi partenariat. C’est le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels  ou encore faire partie d’un réseau sexuel ».

 Le monde continue de faire face au VIH/sida ainsi qu’à son cortège de soucis depuis plusieurs années (près de 40 ans à peu près). Avec l’avènement de la Covid-19, bien de gens ont tendance à dire que la pandémie de la Covid-19  a fait oublier le VIH, pas du tout, qu’elle  lui aurait ravi la vedette, faux !  Bien au contraire, la Covid-19 ajouté sa part au cortège de malheurs que le VIH véhicule déjà.   

Les soucis et  les malheurs liés au VIH  continuent non pas parce que rien n’est fait ou n’a été fait depuis toutes ces décennies, mais simplement d’abord parce que le virus mute en permanence, aussi parce que la stigmatisation et la discrimination poursuivent leur bonhomme de chemin, et aussi parce que les gens  ignorent  à ce jour ou négligent les modes de transmission de cette pandémie etc.

Les adolescents et jeunes dans leur vécu quotidien ont besoin d’être éclairés, informés sur tout ce qui est relatif au VIH/sida. Ils sont dans la tranche d’âge qui fait face à de grands problèmes de santé sexuelle et reproductive. Surtout quand on considère que l’adolescence comme  une période de profond changement physique et psychosocial et d’expérimentation comportementale. Du fait de rapides mutations sociales de nombreux adolescents se trouvent en face d’une grande variété de comportements parmi lesquels choisir, et certains de ces comportements peuvent davantage risquer de déboucher sur l’infection à VIH. Et, pour notre gouverne, le VIH se transmet à plus de 90%  des cas par les rapports sexuels.

Le phénomène « ailes de papillon » veut dire réseau sexuel. Les adolescents et jeunes surtout en sont assez friands, permettez-moi l’expression ! Et malheureusement, ils n’en mesurent pas toujours les conséquences !

Rattacher le réseau sexuel  aux jeunes ne veut pas dire que les adultes ne sont pas impliqués dans cette pratique,  mais la proportion des adolescents et jeunes est plus grande dans ce phénomène. Selon l’enquête EDS RDC-II 2013-2014, les résultats montrent qu’entre les adolescents et jeunes (15-24 ans), ce sont les femmes qui sont plus infectées. Et que les premiers rapports sexuels par lesquels ils  ont été en contact avec le virus est encore plus précoces chez les femmes que chez les hommes. Tenez, avant l’âge de 16 ans, les filles infectées  lors du premier rapport sexuel représentent 2,2 % alors que les garçons 0,5%.

Pour ce qui est de la prévalence du VIH  chez l’ensemble des jeunes de 15-24 ans elle est de 0,7 %  répartis comme suit : 1 % chez les filles  et 0,4 % chez les garçons. Chez les filles, on constate que la prévalence augmente rapidement avec l’âge : la prévalence est de 0,4 %  chez les 15-17 ans, elle passe à 1,2 %  chez les 18-19 ans et atteint un maximum de 2,8 % chez les jeunes femmes de 23-24 ans. Tandis que chez les hommes, les taux de séropositifs augmentent très lentement, passant de 0,1 %  chez les 15-17 ans à 0,9 % chez les 20-22 ans.

Comment expliquer cela ?  Parlons des facteurs de risques

Les scientifiques disent aujourd’hui que le VIH a un visage féminin car parmi le nombre des Personnes Vivant avec le VIH, les femmes sont plus nombreuse que les hommes. Situation due à des questions culturelles, sociales et physiologiques. Ce taux élevé des femmes infectées au VIH est enregistré dans les pays  dits à épidémie généralisée, Ce qui est le cas de la RDC. Selon le site Vih.org, « l’ONUSIDA  parle d’épidémie généralisée quand la proportion des personnes infectées par le VIH dépasse 1% dans la population générale (15-49 ans) ».

En ce qui concerne les questions culturelles, sociales et physiologiques.

Du point de vue culturel, la femme, à tout âge et en dépit de son niveau d’instruction,  ne sait pas / peut pas négocier (refuser ou exiger le port du condom) un rapport sexuel même si elle est informée que son partenaire a plusieurs autres partenaires sexuelles. En Afrique, le mari est vu comme  le papa, le grand frère de l’épouse. Vu sous cet angle, il est donc difficile à la femme de lui demander des comptes. Et tant qu’elle dépendra de  l’homme, il lui sera difficile de négocier.

Du point de vue social, la femme fait plus face à  la pauvreté que l’homme. La femme, en terme numérique, a un très faible  pouvoir d’achat. Selon l’Institut de statistiques de l’Unesco, en Afrique subsaharienne, 41% des femmes sont analphabètes contre 27% d’hommes. Et pourtant, l’accès à une éducation de qualité est le 4e  Objectif de Développement Durable. Et en son point 4.6 il demande à veiller à ce que tous les jeunes et une proportion considérable des adultes sachent lire, écrire et compter d’ici 2030. Est-il possible de  prospérer sans pouvoir d’achat ?

Et enfin du point de vue physiologique, nous pouvons dire que l’anatomie de la femme la rend vulnérable face au VIH et aux IST. Dans la mesure où, elle a dans sa cavité vaginale une muqueuse, de nature très fragile. Ainsi, pendant un acte sexuel, les frottements vont favoriser des petites plaies sur la muqueuse vaginale. Ces plaies sont là les portes d’entrées du virus si le partenaire sexuel est infecté du VIH ou porte une IST.

Le besoin de sensibiliser les adolescentes et jeunes demeure grand, et ce à travers  tous les canaux qui se présentent à nous ! Le futur de l’humanité en dépend !!!!!!!!!!!

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